JdS2012


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Résumé de communication



Résumé 250 :

Météorologie statistique au début du XIXe siècle : deux exemples.
de Falguerolles, Antoine
Université de Toulouse

Le terme de météorologie statistique apparaît au tout début du XIXe siècle sous la plume du célèbre naturaliste Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829). Lamarck, qui avait été aussi l’auteur d’une nomenclature des nuages rapidement abandonnée (1802), pensait que l’observation sérieuse des phénomènes météorologiques pouvait déboucher sur des prévisions dont les probabilités pouvaient être quantifiées, une approche assez classique de nos jours. On sait que les quelques annuaires météorologiques qu’il a publié ont été raillés aussi cruellement par Napoléon que, comme quelques années plus tôt, l’Almanach de Liège, de Matthieu Laensberg, ou le Messager boiteux, d’Antoine Souci par Voltaire. Mais il y a d’autres précurseurs français moins connus que Lamarck. C’est l’étonnant Antoine Lasalle (1754-1829), le métaphysicien traducteur de Francis Bacon, qui étudie la périodicité (centenaire) des hivers froids (1804) dans un article publié dans les annales de statistique. Une habile présentation graphique des données semble faire ressortir une régularité qu’il interprète comme le signe de la possibilité de cette périodicité. C’est Pierre-Bernard Barrau (1767-1843), né à Toulouse, fondateur d’assurances agricoles mutuelles (1801), qui publie un graphique synthétique du climat, peu connu, établi à la manière de Playfair. L’objet de cet exposé est de présenter les travaux statistiques de deux précurseurs français et de les réexaminer à l’aune de la statistique d’alors et d’aujourd’hui.